La ville de casinos du boardwalk du New Jersey, sans complaisance
Atlantic City s’étend sur une île-barrière du Jersey Shore, à environ 160 km au sud de Manhattan, et incarne depuis plus d’un siècle la réponse de la côte Est aux villes de jeu en bord de mer. Elle a donné à l’Amérique le boardwalk moderne (le premier, en bois, construit en 1870), elle a prêté ses noms de rues au jeu Monopoly, et depuis 1978 elle accueille les jeux d’argent légaux — la première juridiction hors du Nevada à le faire.
Cette histoire est bien réelle, tout comme le chapitre suivant que les brochures touristiques ont tendance à passer sous silence : depuis les années 2010, plusieurs casinos historiques de la ville ont fermé leurs portes, laissant des tours vides à quelques pas de celles encore en activité, et des quartiers situés à seulement quelques rues du boardwalk ont visiblement souffert sur le plan économique. Quiconque envisage une excursion depuis New York doit garder les deux faits en tête à la fois : un complexe de casinos bien vivant, avec un boardwalk réellement gratuit et pittoresque, au cœur d’une ville qui ne s’est pas totalement remise de son déclin.
Cette page traite Atlantic City pour ce qu’elle mérite : une option légitime mais de milieu de gamme, pas un Las Vegas au rabais, et un trajet qui vous coûte une bonne partie d’une journée avant même d’avoir misé un dollar ou posé le pied sur le sable.
Se rendre à Atlantic City depuis New York
Le moyen le plus courant de rejoindre Atlantic City sans voiture est un bus direct depuis le Port Authority Bus Terminal à Midtown Manhattan. Des opérateurs comme Greyhound et OurBus assurent des liaisons régulières, le trajet durant typiquement 2,5 à 3 heures selon le trafic sur le New Jersey Turnpike et l’Atlantic City Expressway. Les billets aller simple coûtent en général entre 30 et 40 $, la réservation à l’avance étant généralement plus avantageuse que l’achat sur place ; certains forfaits de bus liés aux casinos incluent aussi un petit crédit de jeu ou un bon de repas — à vérifier avant d’acheter un simple billet.
En voiture, le même trajet se fait en environ 2,5 heures dans des conditions normales, mais cette estimation se dégrade vite les vendredis après-midi et dimanches soirs d’été, quand le trafic vers et depuis le Shore sature aussi bien le Turnpike que l’Expressway. Si vous êtes habitué aux réflexes de transport de New York — pas de voiture, métro partout — sachez qu’Atlantic City elle-même n’est pas particulièrement praticable à pied au-delà du boardwalk et du corridor des casinos ; la plupart des visiteurs se déplacent à pied entre la plage, le boardwalk et leur hôtel-casino, et prennent un taxi, un VTC ou la navette jitney saisonnière pour le reste.
Il n’existe pas de liaison ferroviaire directe entre New York et Atlantic City. L’Atlantic City Rail Line de NJ Transit part de la gare de Philadelphie 30th Street Station, ce qui signifie qu’un trajet en train depuis New York obligerait à d’abord rejoindre Philadelphie — un détour qui rend le bus direct nettement plus pratique pour presque tous les voyageurs partant de Manhattan.
Le boardwalk : la seule chose vraiment gratuite
Le boardwalk d’Atlantic City longe la plage sur plusieurs kilomètres, bordé par les complexes de casinos, le parc d’attractions historique du Steel Pier, des boutiques, des stands de restauration et un forfait mini-golf avec vue sur l’océan pour ceux qui veulent une pause sans miser un dollar. S’y promener ne coûte rien, c’est ouvert à toute heure, et par une belle journée, avec l’océan d’un côté et les tours de casino de l’autre, l’ambiance de station balnéaire qui a fait la réputation de la ville est intacte. La plage elle-même est également gratuite et publique, et c’est l’une des plus larges et des mieux entretenues du Jersey Shore, qui vaut le détour même pour les visiteurs peu intéressés par les salles de jeu.
Au-delà du boardwalk et de la plage, la gratuité s’arrête là. Les attractions du Steel Pier se paient à l’unité, les complexes de casinos facturent le parking (certains l’offrent contre un montant minimum de dépense), et les autres attraits de la ville sont surtout d’ordre commercial : spectacles, restauration, spas, et bien sûr les salles de jeu elles-mêmes.
Casinos : 24h/24, 21 ans et plus, milieu de gamme par nature
Les casinos d’Atlantic City fonctionnent 24 heures sur 24, tous les jours, et l’âge minimum pour jouer ou accéder à une salle de jeu est de 21 ans. Certains restaurants, boutiques et espaces publics des hôtels-casinos accueillent des visiteurs plus jeunes, mais la salle de jeu elle-même vérifie les pièces d’identité à l’entrée dans la pratique, sinon toujours à chaque porte. Si vous voyagez avec quelqu’un de moins de 21 ans, prévoyez plutôt le boardwalk, la plage et la restauration hors salle de jeu.
La comparaison honnête n’est pas avec Las Vegas mais avec une ville de casinos régionale : les établissements survivants d’Atlantic City sont des complexes solides et complets, avec machines à sous, jeux de table, restaurants et spectacles, mais l’ampleur, le raffinement et la densité pure d’un lieu comme le Strip de Las Vegas ne se retrouvent pas ici. Plusieurs noms historiques — dont certains des premiers casinos de la ville datant des années 1980 — ont fermé définitivement depuis les années 2010, et leurs tours désormais vides sont visibles depuis le boardwalk des casinos encore en activité.
Ce déclin fait bel et bien partie du caractère actuel de la ville, ce n’est pas une rumeur à balayer d’un revers de main ; il se traduit par des blocs visiblement plus rudes à quelques pas à l’intérieur des terres depuis le front de mer, une chose à connaître avant de s’aventurer hors du boardwalk après la tombée de la nuit. Restez dans le corridor éclairé des casinos et sur le boardwalk lui-même le soir, et considérez cette excursion comme un séjour de jeu et de plage au périmètre précis et limité, plutôt qu’une ville à explorer librement d’un bout à l’autre.
Si le jeu n’est pas votre priorité, une soirée honorable reste possible. Une halte à proximité des casinos au Hard Rock Cafe Atlantic City propose un repas américain classique entouré de souvenirs musicaux, une option décontractée si vous préférez ne pas jouer du tout. Pour changer des tables, une dégustation de spiritueux à la Little Water Distillery donne un aperçu de la scène artisanale de distillation d’Atlantic City, petite mais authentique, à mille lieues des machines à sous.
Sur l’eau
Le côté port et chenal d’Atlantic City propose quelques croisières courtes qui offrent une bonne coupure avec les salles de jeu, surtout aux beaux jours. Une croisière happy hour au départ d’Atlantic City associe boissons et vue sur les tours et la côte sans engager toute une soirée, et les voyageurs qui préfèrent la lumière du jour peuvent se tourner vers l’option d’observation des dauphins sur le même tronçon de côte, quand ceux qui gardent leur soirée libre après les tables optent plutôt pour la croisière happy hour du soir sur l’océan. Ces croisières sont un agréable moment, pas une raison majeure de faire le déplacement à elles seules — considérez-les comme un complément à une journée boardwalk-et-casino plutôt que comme l’événement principal.
Ce qu’Atlantic City n’est pas
Fixez vos attentes avant de réserver. Atlantic City n’est pas une destination glamour à l’échelle de Las Vegas — c’est une ville de jeu plus petite et plus ancienne, qui a perdu des casinos plutôt que d’en gagner ces dix dernières années, et cela se voit par endroits. Ce n’est pas une excursion du soir légère depuis New York : 2,5-3 heures de bus ou de voiture par trajet représentent 5-6 heures de transport aller-retour avant même que quoi que ce soit ne commence, ce qui transforme une simple soirée de jeu en journée vraiment longue, ou en séjour qui gagne à inclure une nuit sur place plutôt qu’un aller-retour.
Ce n’est pas entièrement praticable à pied au-delà du corridor du boardwalk — s’aventurer à quelques rues à l’intérieur des terres depuis le front des casinos, surtout après la tombée de la nuit, est une expérience différente et plus rude que ne le laisse penser le front de mer. Et ce n’est pas un endroit où emmener quiconque a moins de 21 ans en espérant qu’il vous accompagne sur une salle de jeu, quoi qu’offre par ailleurs le complexe environnant.
Organiser sa visite d’Atlantic City
En raison du temps de trajet, la plupart des visiteurs venus de New York intègrent Atlantic City à un tour d’horizon plus large du Jersey Shore et de la région des excursions plutôt que de la traiter comme une sortie isolée. Si vous pesez l’ensemble des options au sud et à l’est de la ville, la page catégorie activités à faire à Atlantic City regroupe les activités réservables en un seul endroit, et le guide d’excursion casino et plage à Atlantic City détaille un programme réaliste pour une seule journée si vous choisissez de ne pas dormir sur place.
Atlantic City se situe dans la même grande région que les stations balnéaires plus discrètes et plus huppées des Hamptons et le vignoble de Long Island, même si géographiquement elle se trouve de l’autre côté de l’eau, dans le New Jersey, et non sur Long Island elle-même — un point utile à connaître puisque les trois sont souvent réunis sous l’étiquette « excursions à la plage depuis New York » dans la conversation courante.
Si une excursion plus longue vous tente davantage qu’une soirée casino, l’itinéraire de trois jours sans voiture montre comment une étape sur le Jersey Shore peut s’intégrer à des destinations accessibles en train comme Philadelphie ou Washington DC, toutes deux plus faciles à rejoindre sans voiture qu’Atlantic City.
Prévoyez un budget réaliste. Au-delà des pertes au jeu, impossibles à anticiper, comptez la taxe de vente propre au New Jersey sur la nourriture et les achats (différente du taux new-yorkais), un pourboire selon la même norme de 18-20 % qu’à Manhattan, et le coût d’une chambre d’hôtel si vous restez sur place — les tarifs des complexes de casinos varient fortement selon le jour de la semaine et les promotions en cours.
Le guide de planification budgétaire de New York et le plus large détail d’un budget quotidien réaliste sont écrits pour la ville proprement dite, mais la même rigueur sur les taxes et les pourboires s’applique une fois sur le boardwalk. Si vous préférez éviter tout calcul et laisser un tableur s’en charger, le calculateur de budget de voyage du site peut estimer le coût d’une excursion d’une journée, billet de bus et nuit d’hôtel compris.
Pour les voyageurs qui hésitent à intégrer Atlantic City à un itinéraire new-yorkais plus long, il vaut la peine de la comparer au reste des options d’excursion de la région : les chutes du Niagara représentent un vrai grand voyage, à envisager avec une nuit sur place, tandis que les excursions accessibles entièrement en train évitent complètement la variable voiture-et-trafic.
Atlantic City se situe entre les deux — ni un saut rapide, ni une expédition de plusieurs jours, mais un déplacement précis et délibéré pour les voyageurs qui veulent du jeu et un vrai boardwalk face à l’océan, et sont prêts à passer une bonne partie de la journée sur la route dans les deux sens.
Si c’est le voyage que vous cherchez, un détour de saison Halloween par les visites fantômes du boardwalk, dont la visite fantôme Aces to Ashes d’Atlantic City, ajoute une activité curieuse et peu coûteuse pour la soirée, sans rapport avec les tables de jeu.
Vérifiez les règles de prix en vigueur dans le New Jersey et les usages de pourboire aux États-Unis avant de partir, car les deux diffèrent légèrement de ce qu’un premier visiteur de New York pourrait supposer, et parcourez le hub des excursions pour tout le reste à portée de la ville.


